
RDC 🇨🇩 –Burundi : sur le terrain, des témoignages civils contredisent les allégations de persécutions contre les Banyamulenge réfugiés au Burundi
Bibokoboko, territoire de Fizi, une localité des moyens plateaux du Sud-Kivu, les stigmates des affrontements récents restent visibles. Pourtant, au fil des échanges avec les habitants, un autre récit se dessine, loin des accusations relayées par certains...
Bibokoboko, territoire de Fizi, une localité des moyens plateaux du Sud-Kivu, les stigmates des affrontements récents restent visibles. Pourtant, au fil des échanges avec les habitants, un autre récit se dessine, loin des accusations relayées par certains membres de la diaspora Banyamulenge sur une prétendue traque systématique de leurs proches ayant trouvé refuge au Burundi.
Des voix issues de la diaspora et des pages de propagande rebelles du M23-RDF ont affirmé que des Banyamulenge se rendant au Burundi seraient soit emprisonnés, soit exécutés. Une version que contredisent plusieurs témoignages recueillis sur le terrain, tant auprès des déplacés revenus au village que des familles ayant transité par le territoire burundais.
Selon des sources locales concordantes, plusieurs dizaines de milliers de Congolais, dont une proportion importante de Banyamulenge, vivent actuellement au Burundi après avoir fui les violences dans l’est de la République démocratique du Congo comme d’autres membres d’autres communautés. Sur place, aucun des interlocuteurs rencontrés n’évoque des arrestations systématiques ni des exécutions ciblées. Au contraire, beaucoup parlent d’un accueil humanitaire et d’une relative stabilité grâce aux efforts des armées Congolaises FARDC et Burundaise, les Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB)
Parmi eux, Jules , un jeune habitant de Bibokoboko, rencontré dans sa maison familiale reconstruite. Blessé par balle lors d’affrontements dans son village, il raconte avoir été évacué et pris en charge par les forces burundaises.
« J’ai été blessé par balle. Les autorités burundaises m’ont transféré vers un hôpital où j’ai été soigné pendant trois mois. Une fois guéri, j’ai été raccompagné jusqu’ici, chez moi », explique-t-il calmement, assis entouré de membres de sa famille.
Son récit est corroboré par plusieurs habitants du village, qui confirment son évacuation via Baraka jusqu’à Bujumbura, où il a reçu des soins médicaux. Aujourd’hui rétabli, Jules affirme vivre sans crainte et insiste sur l’importance du retour à la paix dans la région.
« Ce que nous voulons, c’est la paix. Que tous ceux qui ont une influence œuvrent pour mettre fin à la guerre », ajoute-t-il.
Dans les villages environnants, d’autres témoignages font état de déplacements transfrontaliers sans entrave majeure. Certains habitants expliquent avoir pu se rendre au Burundi pour se mettre à l’abri, avant de revenir volontairement en RDC lorsque la situation sécuritaire le permettait.
Si la méfiance et les tensions communautaires persistent dans certaines zones, les récits recueillis sur place ne confirment pas les accusations d’exactions systématiques contre les Banyamulenge réfugiés au Burundi. Au contraire, ils mettent en lumière une réalité plus nuancée, marquée par des mouvements de populations liés au conflit, mais aussi par des dynamiques d’accueil et de retour.
Grâce Bilolo
À propos de l'auteur
JicholaKivu
Journaliste à Jicho la Kivu
