Le 10 décembre 2025, au plus fort de l’angoisse provoquée par la prise d’Uvira par l’AFC/M23/Twigwaneho, François Rubota confiait sa détresse. Entre inquiétude pour sa santé et douleur pour sa patrie, il rendait hommage aux FARDC et aux Wazalendo tombés sur le champ d’honneur. Pour beaucoup de Congolais, Uvira représentait alors le « dernier verrou », un symbole à ne pas laisser tomber, comme Kisangani en 1997. « La RDC a glissé, mais elle n’est pas tombée », écrivait-il avec une foi mêlée de lucidité.

Plus d’un mois plus tard, le 18 janvier 2026, un sentiment inexplicable de joie l’envahit. Dans l’après-midi, la nouvelle tant espérée tombe : Uvira voit entrer les premiers éléments des Wazalendo, bientôt suivis par les FARDC. Dans le centre-ville, la population laisse éclater sa liesse. Après des semaines d’angoisse, l’espoir renaît.

Ce moment de soulagement est d’abord celui de la reconnaissance. François Rubota, au nom des populations du Sud-Kivu, en particulier celles de Fizi et d’Uvira, exprime sa profonde gratitude aux FARDC et aux Wazalendo pour leur bravoure. Il salue également le Commandant suprême des forces de défense et de sécurité, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi que les efforts diplomatiques et le renforcement des capacités des services de sécurité.

Mais au-delà de la joie, le message se veut responsable et lucide. Car la victoire militaire ne garantit pas, à elle seule, une paix durable. « L’ennemi n’est pas loin, il est encore parmi nous », avertit-il. Les paroles et les actes irréfléchis peuvent devenir des armes contre la nation, offrir des arguments à ceux qui cherchent à ternir l’image du pays sur la scène internationale.

L’appel est clair : préserver l’unité nationale, sans distinction de race, de tribu ou de religion. Le Sud-Kivu, mosaïque de communautés et de cultures, ne doit pas céder aux pièges du pillage, de la haine et du tribalisme. En swahili, François Rubota résume cet idéal avec des mots simples et puissants : Upendo, amani kwa wapendwa na wandugu wote – amour et paix pour tous, partout où vous êtes.

Il exhorte également les forces engagées sur le terrain à faire preuve de discipline et de respect envers les civils, rappelant que la protection de la population est au cœur de leur mission. La paix ne se gagne pas seulement par les armes, mais par le comportement exemplaire de ceux qui les portent.

Dans une région meurtrie par des décennies de conflits, cette voix invite à aller plus loin : organiser des séminaires sur la pacification, promouvoir la cohabitation et le « vivre-ensemble », reconstruire la confiance entre communautés. Car la véritable victoire sera celle qui permettra aux habitants de Fizi, d’Uvira et de tout le Sud-Kivu de vivre ensemble, en sécurité, dans la dignité.

Entre larmes et espoir, Uvira rappelle aujourd’hui à la nation congolaise que la paix est fragile. Elle exige vigilance, responsabilité et surtout unité. C’est à ce prix que la RDC pourra non seulement se relever, mais aussi avancer.

LA REDACTION

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