La ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu, plongée depuis quelques mois dans les tensions liées à l’occupation des rebelles du M23/RDF, retrouve progressivement un climat de stabilité. Sur place, nos reporters constatent que les familles banyamulenge qui ont refusé d’être manipuler par les rebelles demeurées dans la ville et vivent sans problème avec d’autres communautés désormais sous la protection des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Wazalendo.

Dans le quartier Kavimvira, un père de famille de la communauté Banyamulenge témoigne avec soulagement :
« Nous vivons sous la protection des FARDC et des Wazalendo. Personne ne nous inquiète. »

Au marché central, un officier militaire rencontrée partage la même impression :
« Les militaires ne cherchent pas les civils, ils se battent entre eux. Les civils peuvent désormais circuler librement. »

Ces propos traduisent une réalité perceptible sur le terrain : malgré les tensions récentes, les familles restées à Uvira ne se sentent pas menacées et bénéficient d’une présence militaire dissuasive.

Des acteurs de la société civile rappellent toutefois que, avant leur retrait, les rebelles de l’AFC/M23 auraient contraint plusieurs familles banyamulenge à quitter Uvira vers le Rwanda, sous prétexte de protection. Ces départs forcés sont dénoncés comme une instrumentalisation politique et communautaire. La diaspora et certaines organisations humanitaires continuent d’alerter sur ces déplacements.

Sur le terrain, les voix locales insistent néanmoins sur un fait majeur : les familles encore présentes dans la cité sont protégées et ne subissent pas de persécutions directes. Cette divergence illustre la guerre de récits autour de la communauté banyamulenge, souvent utilisée comme levier politique dans l’Est de la RDC.

Au-delà des discours, la réalité quotidienne évolue. Les marchés fonctionnent de nouveau, les habitants circulent librement et les activités reprennent timidement. La présence des FARDC et des Wazalendo rassure les civils et favorise une cohabitation pacifique entre les communautés, marquant les premiers pas vers la restauration effective de l’autorité de l’État à Uvira.

Jean-claude Kihama

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