L’organisation Banyamulenge Global Advocacy (BGA) a soumis en date du 14 février 2026 des documents à la sous-commission sur l’Afrique de la Chambre des représentants des États-Unis, associés aux enquêtes approfondies de médias spécialisés comme Africa Intelligence et TV5 Monde, qui jettent une lumière crue sur les activités controversées de l’organisation Mahoro Peace Association (MPA).
Accusée de servir de façade humanitaire à des réseaux de financement de milices dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), la Mahoro Peace Association est également pointée du doigt comme un rouage essentiel d’une stratégie d’influence pilotée depuis Kigali.
Selon des preuves soumises, depuis sa base aux États-Unis, Mahoro Peace Association se présente officiellement comme une organisation humanitaire dédiée à la défense de la communauté banyamulenge et à la promotion de la paix. Mais derrière cette vitrine se cache une machine de guerre hybride, mêlant lobbying politique, collecte de fonds suspecte et relais de la propagande du Rwanda et de ses proxies en RDC.
L’enquête la plus accablante provient du média d’investigation Africa Intelligence. Selon leurs sources, qui recoupent des données du Federal Bureau of Investigation (FBI) avec d’autres services.
Sous prétexte de l’assistance de la communauté Banyamulenge, le MPA collecte des centaines de milliers de dollars qui ensuite sont utilisé pour financer des milices opérant dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.
Les services de renseignement estiment que près d’1,5 million de dollars auraient transité, depuis 2020, via un réseau complexe de mutualités banyamulenge (dont l’association Gakondo) pour atteindre les groupes armés sur le terrain. Ce fonds a permis la montée en puissance de la milice Twiraneho et ses alliés (Red Tabara, FNL,…) en les équipant et en structurant un véritable état-major militaire à Bijombo .
L’organisation Banyamulenge Global Advocacy (BGA), à l’origine de la récente saisine publiée le 14 février 2026 adressée au Congrès, dénonce une dérive inquiétante. Dans son courrier adressé aux membres de la Chambre des représentants, la BGA affirme que la MPA a abandonné toute neutralité pour “promouvoir des récits alignés sur les intérêts stratégiques de Kigali”.
Au lieu de défendre les victimes, la MPA servirait à normaliser et légitimer les actions du Rwanda, qui consistent à saper l’intégrité territoriale de la RDC.
Face à cette révélation troublante qui devrait consterner tout le monde, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, ne s’est pas empêché de défendre Mahoro peace association nonobstant la clameur publique qui s’indigne devant une déviation spectaculaire des causes humanitaires à des fins politiciennes et géostratégiques.
La stratégie de la MPA semble reposer sur un double discours : diffamation ou allégations malveillantes contre tout medias ou institution qui enquête sur ses financements d’une part et d’autre part, l’accréditation de la thèse du risque de génocide pour justifier les violations de la souveraineté congolaise caractérisées par les mouvements armés cycliques.
Le Banyamulenge Global Advocacy souligne ce paradoxe tragique : “La souffrance des civils banyamulenge ne doit jamais servir de prétexte à une nouvelle intervention militaire”. Pourtant, c’est exactement l’usage qui est fait de ces rapports par Kigali et ses relais d’influence.
La présence de tels profils au sein de l’association explique pourquoi les circuits financiers de la MPA sont si efficaces et pourquoi ses messages sont si parfaitement synchronisés avec ceux de Kigali.
Face à ces révélations, la communauté banyamulenge elle-même semble divisée. Alors que la MPA prétend être “la seule structure démocratiquement élue” représentant cette communauté aux États-Unis , d’autres voix, comme celle de Charles Nteze et James M. Rutonesha du Banyamulenge Global Advocacy, appellent les autorités américaines à enquêter.
Leur requête est claire : il est temps d’examiner les soutiens financiers suspects, de surveiller les individus qui s’engagent avec des acteurs armés, et de défendre la souveraineté de la RDC. Une organisation opérant depuis le sol américain a le devoir de respecter des normes éthiques et légales strictes. Or, en servant de caisse de résonance à une puissance étrangère impliquée dans l’agression répétée de la RDC ayant occasionné les massacre des millions de populations civiles Congolaises, de réfugiés rwandais Hutus et de Banyamulenge, la MPA trahit non seulement les valeurs humanitaires, mais aussi la confiance du peuple américain.
Alors que les armes parlent dans l’est de la RDC, le combat se livre aussi dans les couloirs du pouvoir à Washington. Mahoro Peace Association est devenue un acteur central de cette guerre hybride, et la demande d’enquête du Banyamulenge Global Advocacy constitue une lueur d’espoir que kigali cherche à étouffer.
Ilunga Miguel
