Dans un article publié le 20 janvier 2026, le site Kivu Morning Post affirme que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient mené des « violences ciblées » contre la communauté Banyamulenge à Uvira, après le retrait des rebelles du M23 le 17 janvier.
Ce que nous avons vérifié :
Cette accusation repose notamment sur une photographie censée illustrer des exactions commises à Uvira. Or, après vérification, cette image a été publiée pour la première fois le 7 janvier 2020 et provient de Fizi, dans le Sud-Kivu. Elle est donc antérieure de plusieurs années aux événements évoqués et ne peut en aucun cas prouver des faits survenus en janvier 2026 à Uvira.
L’utilisation d’une image sortie de son contexte constitue une manipulation visuelle, fréquemment observée dans les campagnes de désinformation liées au conflit dans l’Est de la RDC. Présenter une photo ancienne comme preuve d’événements récents fausse la compréhension du public et jette un doute sérieux sur la crédibilité de l’allégation.
Ce que disent les sources locales :
À l’inverse, plusieurs médias locaux indépendants rapportent que les FARDC ont déployé des dispositifs de protection à Uvira, y compris en faveur des familles Banyamulenge qui ont refusé d’être instrumentalisées par les rebelles du M23.
Selon ces sources, l’armée congolaise sécurise les quartiers sensibles et accompagne les communautés dans une reprise progressive de la vie normale.
Des reportages publiés le même jour indiquent que des familles Banyamulenge ont été présentées publiquement par les FARDC dans un cadre sécurisé, attestant qu’elles se trouvaient sous protection et non sous menace.
Sud-Kivu: sous protection des FARDC, les communautés renouent avec la vie à Uvira
Autre élément clé :
Plusieurs familles Banyamulenge, y compris issues de la diaspora, ont dénoncé la déportation de certains membres de leur communauté vers le Rwanda à des fins politiques. Ces témoignages contredisent la thèse d’une persécution systématique par les forces congolaises et renforcent l’idée d’une instrumentalisation communautaire dans la communication des groupes armés et de leurs relais médiatiques.
https://x.com/michombero/status/2012845678599279051?s=46
Conclusion : Faux / Trompeur
Aucune preuve indépendante ne confirme que les FARDC aient mené des violences ciblées contre la communauté Banyamulenge à Uvira en janvier 2026.
L’article de Kivu Morning Post s’appuie sur une image ancienne, sans lien avec les faits allégués, et omet les informations concordantes issues des médias locaux faisant état d’une protection des familles Banyamulenge par les FARDC.
Cette publication est donc trompeuse et s’inscrit dans une narration déjà observée dans l’espace numérique, visant à justifier la présence du M23 et de ses soutiens en présentant l’État congolais comme persécuteur d’une communauté spécifique, sans fondement factuel vérifié.
Ilunga Miguel

