Une attaque sans précédent a ciblé l’aéroport international de Bangboka, une infrastructure civile stratégique dans le nord‑est de la République démocratique du Congo (RDC), illustrant une escalade inquiétante du conflit dans l’Est du pays. Selon plusieurs sources d’information, des drones kamikazes chargés de munitions ont visé l’aéroport de Kisangani, provoquant l’inquiétude des populations et des autorités locales, qui qualifient cet acte d’attaque terroriste.

Dans un communiqué publié cette semaine, la rébellion du M23 soutenue par le Rwanda a revendiqué l’opération contre l’aéroport de Bangboka. Le porte‑parole rebelle a affirmé que cette attaque visait notamment un « centre de commandement militaire » situé sur le site, justifiant ainsi l’utilisation de drones dans ce qu’ils décrivent comme une action contre « des cibles militaires » du gouvernement congolais.

Le gouvernement provincial de la Tshopo, par la voix de son porte‑parole Senold Tandia Akomboyo, a dénoncé l’attaque comme une « violation flagrante des lois de la guerre », estimant que l’emploi de drones avec sous‑munitions contre une infrastructure civile traduit une méthode terroriste plutôt que militaire. Dans un communiqué officiel, les autorités ont salué le professionnalisme des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui ont détecté et neutralisé huit drones avant qu’ils n’atteignent leurs objectifs, évitant ainsi des pertes humaines et des dégâts majeurs.

L’attaque soulève des questions fondamentales sur la nature et les objectifs réels du M23/RDF. Initialement présenté par certains comme un mouvement rebelle luttant pour la protection de certaines communautés à l’Est de la RDC, ce type d’action vise désormais une infrastructure civile stratégique, ce qui s’écarte nettement d’un cadre strictement défensif ou protecteur.

Cette attaque marque une extension des opérations rebelles bien au‑delà des zones habituelles de combats à l’Est, l’aéroport de Bangboka se trouvant à environ 400 km des lignes de front habituelles du conflit.

D’aucuns se demandent : – comment un mouvement rebelle peut être capable de s’acheter des drones militaires, qui ne s’acquièrent que par des accords d’États en États, s’il ne s’agisse pas ici d’une dotation de son pays soutien, le Rwanda ;
-Aussi, à partir d’où ces drones ont-ils décollé ; – Est-ce à partir de la piste de Rangira, Katale ou Vitshumbi en territoire de Rutshuru ou des pistes avancées des militaires Rwandais déployés en RCA tout près des territoires de Bondo ou Ango Ango ? – n’ y a-t-il pas risque d’embrasement de plus de la sous-région ?

Cette attaque intervient alors que des efforts régionaux et internationaux sont en cours pour favoriser un cessez-le-feu et une paix durable, y compris par la médiation de la communauté internationale et le déploiement à venir d’une mission de surveillance du cessez-le-feu proposée par les Nations unies dans l’Est de la RDC.

Jean-Claude Kihama

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