Le séjour du chef rebelle Corneille Nangaa, dans la ville de Bukavu suscite de vives inquiétudes. Ce 21 janvier 26, il a choisi d’organiser ses activités au Collège Alfajiri, une institution scolaire de renom située dans un quartier densément peuplé d’écoles et de crèches, dont le Lycée Cirezi, L’Estonac, Le Progrès, Institut Nyalukemba et bien d’autres.
Cette décision, loin d’être anodine, expose directement les élèves, enseignants et voisins à des risques majeurs. La proximité du Collège Alfajiri à moins d’un kilomètre de la frontière rwandaise alimente les soupçons d’une stratégie visant à se placer sous la protection des radars rwandais, tout en utilisant un milieu scolaire comme bouclier humain.
En choisissant un environnement scolaire, l’AFC-M23 expose des centaines d’enfants et enseignants à un danger direct en cas d’incident armé ou à la colère de la population.
La militarisation d’un espace éducatif transforme un lieu de savoir et de paix en zone de tension, créant une atmosphère de peur permanente.
Les parents dénoncent une instrumentalisation des écoles et craignent pour la sécurité de leurs enfants.
Les responsables éducatifs s’alarment de la présence militaire dans un lieu censé rester neutre et protégé.
Dans un message adressé aux familles, le comité des parents précise :
« Après concertation avec la direction de l’école, nous sommes dans l’obligation de libérer les élèves à 10h00 ce jour. (…) Les bus scolaires assureront le retour des enfants abonnés comme d’habitude. Pour les parents qui n’ont pas la possibilité de récupérer leurs enfants à cette heure, l’école les gardera et organisera un retrait progressif. »
Les acteurs de la société civile appellent à une vigilance accrue et à des mesures immédiates pour protéger les enfants et les enseignants dans cette zone sensible.
Cette décision, dictée par des impératifs de sécurité, illustre une fois de plus l’impact direct du conflit sur la vie scolaire et le droit à l’éducation. L’utilisation d’un établissement scolaire comme cadre d’une activité politico-militaire constitue une grave entorse aux normes internationales de protection des enfants en temps de conflit. Les écoles sont censées être des espaces neutres, sûrs et exclusivement dédiés à l’apprentissage.
Ilunga Miguel

