Author: Jicho La Kivu
Longtemps présenté comme un bloc militaire discipliné et structuré, le mouvement rebelle AFC/M23 donne aujourd’hui l’image d’une coquille instable, fracturée et traversée par de profondes tensions internes. Des conflits ouverts entre cadres, des rivalités entre administration civile et militaire, des accusations de favoritisme ethnique et des morts suspectes de hauts responsables révèlent un malaise généralisé à tous les niveaux de la rébellion, fortement dépendante de soutiens extérieurs. Face au rejet social de la majorité d’élites aux compétences avérées qui ont soit quitté la zone, soit refusé de rejoindre une rébellion inféodée au Rwanda et auteure de violences et de pillages…
L’organisation Banyamulenge Global Advocacy (BGA) a soumis en date du 14 février 2026 des documents à la sous-commission sur l’Afrique de la Chambre des représentants des États-Unis, associés aux enquêtes approfondies de médias spécialisés comme Africa Intelligence et TV5 Monde, qui jettent une lumière crue sur les activités controversées de l’organisation Mahoro Peace Association (MPA). Accusée de servir de façade humanitaire à des réseaux de financement de milices dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), la Mahoro Peace Association est également pointée du doigt comme un rouage essentiel d’une stratégie d’influence pilotée depuis Kigali. Selon des preuves soumises,…
Cela fait déjà plus d’une année que les rebelles occupent une grande partie du Sud-Kivu, et les conséquences sur le développement de la province sont visibles et profondes. Avant que les armes ne prennent le dessus, le Sud-Kivu connaissait pourtant une dynamique réelle de reconstruction. À Bukavu, les engins de chantier étaient visibles, les caniveaux se dessinaient, les pavés remplaçaient progressivement la boue. Dans les communes d’Ibanda, Kadutu et Bagira, la promesse d’une ville plus praticable — souvent comparée à Goma par les habitants — cessait d’être un simple espoir pour devenir une réalité tangible. Cette trajectoire a été brutalement…
Malgré les bruits des armes et la propagande, des voix s’élèvent pour rappeler une vérité essentielle : la paix ne se construit ni par la contrainte ni par l’exil forcé, mais par la cohabitation entre les communautés. Selon des communiqués du gouvernement congolais et de l’armée, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont procédé, avant et pendant leur retrait de la ville d’Uvira, à la déportation de plusieurs membres de la communauté banyamulenge. Certains ont été envoyés au Rwanda, d’autres vers Kamanyola et Bukavu. Ces informations ont été confirmées par diverses sources, y compris par la diaspora banyamulenge,…
Le 10 décembre 2025, au plus fort de l’angoisse provoquée par la prise d’Uvira par l’AFC/M23/Twigwaneho, François Rubota confiait sa détresse. Entre inquiétude pour sa santé et douleur pour sa patrie, il rendait hommage aux FARDC et aux Wazalendo tombés sur le champ d’honneur. Pour beaucoup de Congolais, Uvira représentait alors le « dernier verrou », un symbole à ne pas laisser tomber, comme Kisangani en 1997. « La RDC a glissé, mais elle n’est pas tombée », écrivait-il avec une foi mêlée de lucidité. Plus d’un mois plus tard, le 18 janvier 2026, un sentiment inexplicable de joie l’envahit.…
Le séjour du chef rebelle Corneille Nangaa, dans la ville de Bukavu suscite de vives inquiétudes. Ce 21 janvier 26, il a choisi d’organiser ses activités au Collège Alfajiri, une institution scolaire de renom située dans un quartier densément peuplé d’écoles et de crèches, dont le Lycée Cirezi, L’Estonac, Le Progrès, Institut Nyalukemba et bien d’autres. Cette décision, loin d’être anodine, expose directement les élèves, enseignants et voisins à des risques majeurs. La proximité du Collège Alfajiri à moins d’un kilomètre de la frontière rwandaise alimente les soupçons d’une stratégie visant à se placer sous la protection des radars rwandais,…
Dans un article publié le 20 janvier 2026, le site Kivu Morning Post affirme que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient mené des « violences ciblées » contre la communauté Banyamulenge à Uvira, après le retrait des rebelles du M23 le 17 janvier. Ce que nous avons vérifié : Cette accusation repose notamment sur une photographie censée illustrer des exactions commises à Uvira. Or, après vérification, cette image a été publiée pour la première fois le 7 janvier 2020 et provient de Fizi, dans le Sud-Kivu. Elle est donc antérieure de plusieurs années aux événements…
L’après-midi de ce mardi 20 janvier 2026, le chef rebelle Corneille Nangaa est arrivé à Bukavu chef lieu de la province du sud-kivu accompagné de plusieurs médias locaux, nationaux et internationaux. Selon nos sources dans la délegation, l’un des objectifs de cette mission est de rencontrer des familles issues des communautés banyamulenge, déplacées de force d’Uvira avant le retrait des rebelles du M23/RDF de cette ville. Une équipe d’avance, conduite par Moïse Nyarugabo, s’est rendue directement à Kamanyola cet après-midi pour rencontrer ces familles. Sur place, Nyarugabo a procédé à un « réarmement moral », expliquant aux familles la conduite…
À Uvira, dans le Sud-Kivu, un calme précaire s’est installé depuis que les forces de l’AFC/M23 et leurs alliés rwandais se sont retirées de la ville. C’est dans ce contexte tendu que Justin Bitakwira, notable et député national, a pris la parole. Son message, à la fois ferme et grave, ne se contente pas de saluer le retour des FARDC et des Wazalendo. Il lance surtout un appel pressant à ses concitoyens : ne pas succomber aux vieux démons de la division ethnique. La situation sécuritaire dans le sud de la province reste en effet très fragile. Après des semaines…
Après le retrait des rebelles du M23 de la ville d’Uvira, le gouvernement congolais a engagé une série de consultations pour répondre à l’urgence humanitaire et sécuritaire. La Première ministre a réuni les principaux acteurs institutionnels afin d’évaluer la situation et de poser les bases du retour progressif de l’administration ainsi que des populations déplacées. Ce processus sera conduit de manière concertée entre le gouvernement de la République démocratique du Congo, le gouvernement du Burundi, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et d’autres partenaires humanitaires et techniques. L’objectif est de garantir un retour volontaire, digne et sécurisé…
