Alors que le Congrès américain intensifie ses travaux sur la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le président rwandais Paul Kagame a réagi avec une formule choc aux menaces de sanctions annoncé par l’élu américain Chris Smith.
« Au lieu d’être étouffé par toutes ces menaces, je serai étouffé en étant provocateur et en vous disant d’aller en enfer », a lancé le chef de l’État rwandais, balayant d’un revers de main la perspective de mesures punitives contre son pays.
Cette déclaration intervient alors que Chris Smith, président de la sous-commission Afrique de la Chambre des représentants, a annoncé une nouvelle série d’auditions consacrées à la situation dans l’est de la RDC. L’élu plaide pour des sanctions ciblées contre des responsables rwandais de haut niveau, accusés de soutenir le mouvement rebelle M23 soutenu par le Rwanda. Il n’a pas exclu que ces mesures puissent viser directement le président Kagame.
Chris Smith insiste : « Le traité de paix ne peut pas fonctionner tant que les engagements ne sont pas respectés. » Pour lui, une réponse partielle serait « ni crédible ni efficace ».
Mais pour le Président Paul Kagame, ces menaces ne constituent qu’un « non-événement ». En choisissant une formule provocatrice, Kagame entend signifier que Kigali ne se laissera pas intimider par Washington, ni par ses institutions.
Du côté congolais, les autorités multiplient les signaux en faveur d’un règlement pacifique du conflit. Le président Félix Tshisekedi, le Parlement et la diplomatie congolaise ont réaffirmé leur engagement à respecter les accords de paix. Cependant, Washington estime que ces efforts restent fragilisés par la poursuite des violences attribuées au M23/RDF.
«Vous êtes tellement courageux, Président, merci. Je sais ce que vous avez traversé. Je sais très bien ce que c’était. Ça a été difficile, très, très long… Mais vous êtes courageux et nous apprécions votre présence ici, vous savez que vous pouvez m’appeler à tout moment et pour quoi que ce soit », a déclaré jeudi 5 février 2026 le président américain Donald Trump lors de la 74e petit déjeuner de prière.
La sortie de Paul Kagame marque une escalade verbale dans un dossier déjà explosif. En défiant ouvertement les menaces américaines, le président rwandais expose un bras de fer diplomatique qui pourrait redéfinir les relations entre Kigali et Washington.
Certains observateurs estiment d’ailleurs que Kagame n’aurait pas adopté un ton aussi frontal sans disposer de quelques assurances, implicites ou explicites, que les sanctions américaines ne viseront pas directement sa personne ou son pays. Cette hypothèse nourrit l’idée que le président rwandais joue sur un rapport de force où il se sent protégé par des alliances ou des calculs géopolitiques.
Alors que le Congrès américain s’apprête à examiner des mesures plus fermes, la réaction du président rwandais laisse présager une confrontation politique où chaque camp campe sur ses positions.
Jean-claude kihama

