L’ancien diplomate et haut cadre congolais Claude Ibalanky Ekolomba se retrouve au cœur d’une vive controverse politique après son ralliement annoncé à des figures liées au mouvement rebelle M23/AFC, une rebellion accusée de graves violations des droits humains dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et visé par plusieurs sanctions internationales.
Longtemps perçu comme proche des institutions officielles congolaises, Claude Ibalanky a surpris une partie de l’opinion en affichant publiquement des positions jugées conciliantes envers des acteurs associés au M23, mouvement qu’il avait auparavant critiqué et combattu. Ce changement d’attitude alimente aujourd’hui un débat intense au sein de la classe politique et de la société civile.
Plusieurs analystes y voient un revirement stratégique, tandis que ses soutiens évoquent plutôt une évolution personnelle et politique dans un contexte national tendu.
Dans l’entourage du pouvoir, certains proches du président Félix Tshisekedi affirment que Claude Ibalanky aurait entretenu des relations étroites avec des responsables rwandais, il aurait acquis une maison à Kigali pour servir les intérêts Rwanda même quand il était aux affaires en RDC. Ces allégations, régulièrement relayées sur les réseaux sociaux et dans certains médias d’opinion, n’ont pas fait l’objet de confirmations officielles documentées jusque là.
De son côté, l’intéressé rejette toute accusation de trahison et se présente comme un acteur politique indépendant.
Sur son compte X (anciennement Twitter), Claude Ibalanky a publié un message dans lequel il défend la constance de ses positions et dénonce ce qu’il qualifie de mise à l’écart politique. Il y compares sa situation à celle d’un joueur « mis sur le banc » par son équipe, affirmant que « le pays appartient à tous » et appelant à un « réveil ». Cette communication a renforcé l’écho médiatique autour de sa personne, sans toutefois apaiser les critiques.
La controverse a été ravivée par la remise en circulation d’une correspondance officielle datée de novembre 2019, signée par Claude Ibalanky lorsqu’il occupait des fonctions au sein du Mécanisme National de Suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.
Dans cette lettre adressée à l’Auditorat général des Forces armées de la RDC, il évoquait les discussions tenues à Kigali autour du rapatriement volontaire d’ex-combattants du M23 et transmettait, selon le document, les conclusions d’échanges diplomatiques relatifs à une feuille de route incluant notamment des questions d’amnistie et d’intégration.
Pour ses détracteurs, ce courrier illustrerait une posture jugée conciliante envers d’anciens membres du mouvement rebelle. À l’inverse, d’autres observateurs estiment que cette démarche s’inscrivait dans un cadre diplomatique officiel de recherche de paix et de désescalade, pratique courante dans les processus de sortie de conflit.
Le M23 demeure au centre de nombreuses accusations d’exactions dans l’est de la RDC et fait l’objet de sanctions de plusieurs partenaires internationaux. Dans ce climat de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, toute prise de position publique liée à ce mouvement suscite de fortes réactions.
Bilolo Grace


